Les Berbères sont une
ethnie d'Afrique du Nord depuis 30.000 ans.
Ils sont
répartis en différents groupes sur près de cinq millions de
kilomètres carrés, depuis les îles Canaries jusqu'à l'ouest de
l'Égypte, Siwa) groupes de culture et de langue commune, le
berbère (tamazight), quoique déclinée en dialectes locaux.
Les Berbères sont également et
largement représentés dans les populations issues de
l'immigration vers la France, la Belgique, les Pays-Bas,
l'Espagne, les États-Unis et le Canada. À l'exception des
Touaregs, les Berbères sont sédentaires.
Les Berbères se donnent le nom d'Imazighen,
le pluriel d'Amazigh, qui signifie «hommes libres ». Tamzgha
:c'est le mot qui désigne espace géographique maghrébin (Pays)
Le berbère (tamazight) est à
l'origine une langue du groupe afro-asiatique, représentée
aujourd'hui par ses variantes parlées par les Berbères. Ces
variantes sont présentes depuis les îles Canaries jusqu'à
l'Égypte, en passant par le Maroc, le Niger et le Mali. On
dénombre une trentaine de variétés.
Le berbère possède son propre
système d'écriture que les Touaregs ont conservé : le tifinagh.
Certains dialectes berbères
empruntent plusieurs termes à l'arabe et au français, entre
autres des noms modernes et des expressions courantes. Les
dialectes arabes empruntent également certains de leurs termes
au berbère.
Il n'existe pas de chiffres
officiels concernant le nombre de berbérophones, mais on
estime le nombre de locuteurs à 20 millions.
Le berbère est représenté par ses
géolectes (dialectes localisés), sur une aire très vaste,
soumis à une pression conjuguée de l'arabe et du français.
Toutefois, ces variantes sont restées proches les unes des
autres.
Maroc
Le Maroc est le premier pays
berbérophone, et, de fait certaines études avancent que près
de 60 % de la population possèdent une patrilinéarité proche
liée à ce patrimoine, tandis que d'autres (Salem Chaker,
notamment), estiment les pratiquants actuels à quelque 40%.
Le chleuh (tachelhit) est parlé
par les Chleuhs dans le Haut Atlas et dans l'Anti-Atlas au
sud, et la plaine du Souss. C'est la langue berbère la plus
parlée, environ 3.5 millions de locuteurs, certaines sources
avançent le nombre de 8 à 10 millions de locuteurs.
Le zayane (zayania, tamazight)
appelé aussi braber est parlé dans le Haut et le Moyen Atlas
de Khénifra à Taza, ainsi par ailleurs qu'au centre du
royaume.
Le rifain (tarifit), parlé par les
habitants de la région du Rif au nord du Maroc (Nador,
Al-Hoceima, Tanger, Tetouan, Taza, Oujda...).
Le ghomara, parlé les Ghomaras
situés dans le Rif occidental jusqu'à la côte atlantique,
Asila et Ksar Elkebir.
Algérie
L'Algérie compte environ 25 % de
berbérophones selon le professeur Salem Chaker, de l'INALCO).
Le kabyle (taqbaylit) est la
deuxième langue la plus parlée après le chleuh avec 3,5
millions en Kabylie (les trois Wilayas de Tizi Ouzou, Bejaïa,
Bouira et une partie des wilayas limitrophes. Certains
estiment à plus de 5 millions de kabylophones en comptant la
diaspora.
Le chenoui est présent dans
l'Atlas blidéen (beni salah) à l'ouest d'Alger (15 000
locuteurs).
Le chaoui (tachawit) se parle par
plus de 1 million de personnes à l'est du pays, surtout dans
les Aurès (wilayas de Batna, Oum-El-Bouaghi et Khenchela et
dans une partie des wilayas de Guelma, Souk Ahras, et Biskra).
Le mozabite, se trouve au Mzab
dans le sud.
Le touareg (c'est à dire les
variantes tamasheq,tamahaq,tamajaq) est parlé dans le sud de
l'Algérie, le sud est de la Libye, le Mali, le Niger et le
nord du Burkina Faso.
Le chelha se parle à Beni Boussaid,
un âarch berbère de 20 000 habitants situé dans la wilaya de
Tlemcen.
Tunisie
En Tunisie, pays arabophone à 99
%, le chelha est parlé dans les villages semi-berbérophones
du sud (Chenini, Douiret, Matmata, Tamezrett, etc.) ainsi que
dans quelques villages de l'île de Djerba (surtout Guellala/Iqellalen,
Adjim, Sedouikech/Azdyuch, Ouirsighen/At Ursighen).
Libye
le nefoussa en Libye, Aoudjila ,
Sokna et Zouara (20 % de la population).
Mauritanie
Le zenaga se parle à Medredra
Îles Canaries
Dans les îles Canaries, se parlait
le guanche aujourd'hui disparu.
Égypte
Les Siwis parlent le seul dialecte
berbère égyptien, le siwi, présent dans les environs de
l'Oasis de Siwa. Cette oasis du nord est de l'Égypte
représente le plus oriental des groupes berbères.
Écriture
Article détaillé : Tifinagh.
Le berbère est noté, depuis le
milieu du premier millénaire avant l'ère chrétienne, au moyen
de l'alphabet tifinagh ou libyco-berbère. Il comporte des
voyelles et des consonnes, dont il existe plusieurs variantes.
Depuis le début du XXe siècle, le
berbère a surtout été écrit au moyen de l'alphabet latin ou de
l'alphabet arabe, bien que les Touaregs continuent de
l'utiliser couramment.
Cependant, des propositions de
tifinagh standard ont vu le jour à partir de la fin du
XXe siècle. L'Académie berbère, travailla sur une version,
révisée ensuite par le professeur Salem Chaker de l'INALCO.
L'IRCAM officialisa une version de l'alphabet tifinagh en
2003.
La principale difficulté de la
mise en place d'alphabet standard réside dans la localisation
progressive des langues berbères, qui a engendré une
différenciation de certains phonèmes et lettres.
Le berbère n'est langue officielle
dans aucun pays, il est langue nationale au Mali, au Niger et
en Algérie depuis 2002.
Si le berbère est aujourd'hui très
minoritaire tant en Tunisie qu'en Libye, il est cependant très
présent en Algérie mais aussi, et surtout, au Maroc.
Les États d'Afrique septentrionale
concernés (Maroc, Algérie, Mali, Niger, Libye, Égypte,
Tunisie, Mauritanie ... ) ont, dès l'accession aux
indépendances, adopté au sujet des langues locales autres que
l'arabe officiel (geolectes arabes ou berbères, langues
négro-africaines, français voire espagnol) des politiques
extrêmement différenciées, souvent hostiles.
Aujourd'hui, les politiques
linguistiques lancées après les indépendances avaient pour
objectif de remplacer le français par l'arabe au détriment du
berbère. Le mouvement revendicatif berbère a fait irruption
sur la scène algérienne en 1980 en Kabylie.
Cependant, si par exemple en
Algérie, le berbère a été déclaré langue nationale par la
révision constitutionnelle du 10 avril 2002 (article 3 bis),
ou au Maroc introduite dans l'enseignement primaire, celui-ci
n'est dans aucun de ces pays enseigné comme idiome majoritaire
au long des cursus scolaires et universitaires.
En conséquence, les langues
berbères qui ne bénéficient nullement d'un soutien massif au
niveau de la politique nationale, se transmettent de plus en
plus difficilement dans les zones urbaines et, même au sein de
la matrice rurale originelle, résistent de plus en plus mal
aux concurrences des arabes locaux et standard, des langues
des anciennes puissances coloniales ou de l'anglais.
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